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Réenchantons la technologie : le progrès comme rempart a la crise

Nous vivons une crise environnementale majeure qui nous oblige à repenser nos modes de production et de consommation à échelle mondiale. Les équipes du Shift Project, animées par le médiatique Jean-Marc Jancovici, expliquent avec brio que les développements technologiques des deux derniers siècles sont liés à l’utilisation massive des ressources énergétiques fossiles, qui nous ont permis d’améliorer notre qualité de vie, de travailler moins tout en produisant plus, mais dont le modèle touche à sa fin. La surexploitation met en danger notre planète et épuise ses ressources.

Ils ont mis en lumière le fait que la covid nous a permis de réduire de 4% nos émissions de CO2 en 2020. C’est ce qu’il faudrait faire chaque année pour respecter l’accord de Paris et limiter l’augmentation de la température à 2 degrés. Si nous avons connu une réduction forcée des émissions, nous devons maintenant trouver rapidement des solutions pour atteindre des taux de réduction similaires de manière contrôlée, volontaire et durable.  

Un certain nombre de propositions sont avancées pour abandonner nos modèles de production basés sur l’utilisation de technologies polluantes. Certaines d’entre elles rejettent l’usage de la technologie, jugée responsable de tous nos maux et pourtant nécessaire au maintien de notre qualité de vie, d’autres se basent sur des politiques de frugalité énergétique très restrictives qui risquent d’entraver la croissance industrielle et la compétitivité de pays déjà vulnérables. 

La technologie suscite la peur, et beaucoup s’interrogent sur son application et son potentiel destructeur. En réalité, la technologie répond à des choix de société : c’est à nous de décider si elle fera partie du problème ou de la solution. Nous proposons de réenchanter la technologie et d’utiliser le progrès technique comme un rempart contre la crise environnementale. 

Plaidoyer pour le progrès

Une définition classique du progrès technologique est la suivante : produire des richesses (au sens large, y compris de la culture, de la santé…) de manière plus efficace. En bref : produire plus en travaillant moins. S’il repose depuis longtemps sur des technologies polluantes, il est tout à fait possible de changer notre façon de produire des richesses, de faire du progrès le fer de lance de la protection de l’environnement. Maintenir des exigences élevées en matière de progrès est un des moyens indispensable pour compenser l’abandon nécessaire de technologies polluantes comme le pétrole, tout en préservant autant que possible notre richesse, et tous les acquis sociaux qui en découlent – comme la baisse du temps de travail ou les soins hospitaliers gratuits – que nous avons construits et qui nous sont chers.

En fait, nous ne sommes plus en mesure de faire face à la crise environnementale sans progrès technique. Il n’est pas simplement souhaitable, mais nécessaire pour répondre aux problèmes d’atténuation des effets du réchauffement climatique. Beaucoup d’innovations répondent à ces problèmes, et sont déjà déployées sur le terrain. Il s’agit notamment des sources d’énergie renouvelables telles que les biocarburants, la biomasse, l’énergie éolienne, solaire et hydraulique, les matériaux de construction à faible teneur en carbone et les technologies émergentes de captage et de stockage de l’atmosphère, parmi d’autres.

L’agriculture, par exemple, est un secteur de pointe en matière de nouvelles technologies. L’agriculture de précision utilise l’imagerie satellite et l’informatique pour créer un système efficace d’aide à la décision à toutes les échelles, qui permettrait d’optimiser les rendements tout en préservant les ressources naturelles. Plus généralement, les nouvelles technologies permettent de mieux comprendre et gérer les ressources, quelles qu’elles soient. Les techniques d’irrigation des terres arides et le développement de nouvelles variétés de plantes résistantes à la sécheresse et à l’eau salée se développent chaque jour. On aurait pu aussi parler de l’IA au service du recyclage. Des entreprises de gestion des déchets utilisent la technologie de reconnaissance d’images pour automatiser le tri des déchets avant incinération, pour éviter de bloquer les usines dont les déchets sont mal triés et pour optimiser le tri de manière plus générale. D’autres exemples auraient pu être mobilisés dans n’importe quel secteur (transports, villes, etc.)         

Avoir confiance en l’avenir 

Les nouvelles technologies sont déjà mobilisées pour créer du progrès “vert”, mais elles consomment encore trop d’énergie: un rapport de Climate Change News datant de 2017 suggère que les data centers et le secteur mondial des communications pourraient consommer 20 % de l’énergie mondiale d’ici 2025. Alors que les moteurs thermiques et électriques sont proches du rendement énergétique optimal théorique (un moteur électrique est aujourd’hui efficace à 90%), les ordinateurs modernes, eux, utilisent des millions de fois plus d’énergie par calcul réalisé qu’ils n’en ont théoriquement besoin: c’est le principe de Landauer. Si nos calculs informatiques sont sous-optimaux aujourd’hui, cela signifie qu’il est possible de réduire considérablement leur consommation d’énergie demain. C’est l’un des grands défis du moment, et la bonne nouvelle est que nous trouvons déjà des solutions. 

En effet, Google a utilisé les technologies d’IoT et d’intelligence artificielle de DeepMind pour réduire la consommation d’énergie de ses data centers. L’IA permet actuellement de réaliser des économies d’énergie d’environ 30 % en moyenne, contre 12 % au début du programme. Les performances du système s’améliorent à mesure que l’on recueille des données, ce qui signifie que les 30 % d’amélioration pourraient continuer à augmenter. L’application réussie de cette technologie dans un seul type d’entreprise suggère que les data centers pourraient n’être que le début de l’IA et des applications de Deep Learning dans le domaine de l’efficacité énergétique. À long terme, il existe un potentiel évident d’application de cette technologie dans d’autres contextes industriels, y compris dans le secteur de l’énergie lui-même – ou dans le déploiement de villes intelligentes.

Les technologies d’intelligence artificielle sont l’une des grandes promesses de progrès pour l’avenir. Elles sont des outils à notre disposition et répondent aux modèles de société que nous construisons. Il nous appartient donc de les saisir pour construire un monde plus écologique et plus durable. L’IA est une technologie en plein essor dont nous découvrons chaque jour le potentiel, afin de faire mieux en consommant moins. Il est essentiel de poursuivre la recherche et le développent dans le domaine de l’IA afin de profiter pleinement et le plus rapidement possible d’une technologie d’avenir qui combinera progrès technologique, confort humain et respect de l’environnement.

Un article initialement posté sur Forbes 

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